Lorsque les Maraudeurs deviennent

plus qu’un simple mythe

 

Chapitre 29 : « le calme avant la tempête ».

 

         « Alors, Jamsie, maintenant que tout le monde sait que vous sécher les cours pour faire des cochonneries…, qu’est-ce que l’école peut bien penser de “l’exemple” offert par nos deux Préfets-en-Chef… ? »

 

         Depuis le malencontreux concours de circonstance qui avait fait que les deux Préfets-en-Chef étaient arrivés, deux semaines auparavant, en retard au cours d’Enchantement, Sirius n’avait cessé de taquiner son meilleur ami, malgré les avertissements de celui-ci concernant le “Tu-sais-quoi”… Si, jusque là, James n’avait pas vraiment eu le cœur de mettre sa menace à exécution, ses nerfs commençaient à être mis à rude épreuve…

 

         «- Patmol, laisse tomber avec ça… ! intervint Remus, alors que les garçons étaient dans leur dortoir. Les plaisanteries les plus courtes sont toujours les meilleures…, sauf quand il s’agit des Serpentard… !

 

          - Ou de Corny… ! insista Sirius, avec un sourire moqueur.

 

          - Sirius, franchement, si tu veux mon avis, je suis d’accord avec Remus… ! » commenta Harry qui, assis sur le rebord d’une fenêtre, observait distraitement James qui allongé sur son lit, la tête entre les mains, essayait de se concentrer sur le bouquin qu’il lisait.

 

         En ce début de soirée, les quatre adolescents (Peter étant, une fois de plus, “partit à la Bibliothèque”) avaient préférés éviter la Salle Commune surpeuplée à cette heure. Sirius haussa un sourcil et esquissa un bref sourire machiavélique en jetant un regard à son meilleur ami…, avant de lui sauter brutalement dessus… Ce qui fut, visiblement de trop pour James qui ne semblait pas d’humeur à plaisanter…

 

         «- CETTE FOIS, J’EN AI PLUS QU’ASSEZ DE TES STUPIDITES… !!! hurla James, en repoussant brutalement Sirius qui retomba, lourdement par terre, manquant de peu Gaïa qui sortait à ce moment-là de sous le lit de son maître qui avait aussitôt quitté son lit. PUISQUE C’EST COMME CA… ! ajouta-t-il en gagnant la porte, avec mauvaise humeur.

 

          - Mais…, c’était pour rire… ! riposta Sirius, visiblement offensé. Mais où vas-tu… ?

 

          - Faire ce que j’aurai dû faire depuis un bon moment… ! cingla James, en ouvrant la porte. Je t’avais pourtant prévenu, Patmol… ! »

 

         Celui-ci pâlit.

 

         «- Tu…tu ne vas pas dire tu-sais-quoi j’espère… ?

 

          - Je vais me gêner… ! rétorqua James, en claquant la porte derrière lui.

 

          - JAMSIE, FAIT PAS CA…. ! hurla Sirius en se ruant à sa suite. JE TE PROMET QUE JE NE T’EMBETERAI PLUS… ! »

 

         Remus et Harry échangèrent un regard, amusés.

 

         «- Tu crois vraiment que James va le faire ?

 

          - Etant donné son humeur…, oui… ! répondit Remus. D’ailleurs, je me demande bien ce que c’est que ce fameux secret entre eux… !

 

          - On va voir ? suggéra Harry en quittant le rebord de la fenêtre.

 

          - Ouais ! » accepta le lycanthrope en souriant.

 

* * * * *

 

         « Allez, Jamsie, c’était juste pour rire… ! Je plaisantais… ! Allez, fait pas ça… ! »

 

         Les deux Maraudeurs étaient devenus le centre d’intérêt des élèves amassés dans la Salle Commune et qui avaient tous fait silence, intrigués, à l’arrivée des deux compères. Sirius essayait vainement d’arrêter James qui semblait plutôt amusé par la situation.

 

         « Tu ne peux pas me faire, Jamsie… ! Tu avais promis de ne rien dire… ! »

 

         James s’arrêta au beau milieu de la Salle Commune, les bras croisés, l’air grave.

 

         «- Tu n’as qu’à t’en prendre à toi-même, Sirius… ! Je t’avais prévenu…, je t’ai dit que je le ferai si tu continuais… !

 

          - Je t’en conjure, James…, vieux frère…, je te jure, sur mon honneur, que je ne me moquerai plus de Lily et toi…, promis ! »

 

         A présent, tout le monde s’était rassemblé autour d’eux, étonnés par l’affolement de Sirius, chacun se demandant visiblement quel secret pouvait inquiété à ce point le Maraudeur qui était, pourtant, réputé pour son insouciance la plus totale et qui n’avait pas peur de se rendre ridicule…

 

         «- Tu me donnes ta parole que tu arrêtera tes commentaires stupides… ? demanda, un petit sourire aux lèvres, James.

 

          - Tout ce que tu voudras, Jamsie… ! se hâta de répondre Sirius. Je ferai tout ce que tu voudras…, TOUT… !

 

          - Ah oui… ? commenta son ami en haussant un sourcil. Vraiment tout ? »

 

         Son sourire s’élargit, machiavélique…

 

         «- Avis aux admiratrices du GRAND Sirius Black… ! lança-t-il à la cantonade.

 

          - EH…., Fait pas ça… ! » protesta l’intéressé en lui sautant dessus pour lui plaquer la main devant la bouche.

 

         Les autres Gryffondor éclatèrent de rire, amusé par le “spectacle” ainsi offert par les deux Maraudeurs qui se chamaillaient allègrement. James parvint cependant à enlever la main de son ami.

 

         «- Sirius a le béguin pour Amy… !!!! lâcha-t-il, avant de se faire, bien trop tard, à nouveau réduire au silence par un Sirius plus rouge que jamais.

 

          - C’est même pas vrai… ! protesta le concerné dans le silence qui suivit cette déclaration.

 

          - Alors pourquoi tu es tout rouge, tout d’un coup… ? l’enfonça, un peu plus, Remus, moqueur, en se frayant, en compagnie de Harry, un passage dans la foule des Gryffondor sidérés.

 

          - Je… !

 

          - JE LE SAVAIS… ! JE L’AVAIS BIEN DIT… !! »

 

         Tout le monde se tourna vers une Elsa triomphante que personne n’avait remarqué jusqu’à présent. Sur ce, elle se précipita vers l’escalier menant aux dortoirs des filles, suivie de près par un Sirius mortifié.

 

         « Elsa, je t’en supplie, lui dit pas… ! Ce n’est même pas vrai… ! Je… ! »

 

         Le reste fut étouffé par les rires des autres Gryffondor.

 

         «- Tu y a peut-être été un peu fort sur ce coup, non ? commenta Remus, à l’adresse de James qui affichait un sourire satisfait.

 

          - Peut-être…, mais il n’avait qu’à pas me provoquer comme ça… ! Ma patience à des limites, tout de même… ! répliqua James. Et puis, ça aura au moins l’avantage de l’occuper pendant quelques temps… !

 

          - Hum… ! Alors, c’était ça le “tu-sais-quoi” ? commenta Harry, songeur. Le fait que Sirius soit amoureux d’Amy ?

 

          - Ouais… ! concéda James. Ca n’avait pas été facile de lui faire admettre… ! ajouta-t-il en riant légèrement. Et…, oups, excusez-moi mais je crois qu’il vaut mieux que je prenne le large… ! »

 

         Harry et Remus, quelque peu interloqué, le laissèrent partirent mais ne tardèrent pas à comprendre la raison de cette fuite précipitée en apercevant une Elsa amusées suivie d’une Amy de mauvaise humeur qui traînait Sirius par la cravate (l’étranglant à moitié au passage) et une Lily qui avait sa tête des mauvais jours.

 

         «- Vous ne sauriez pas où est James, par hasard ? s’enquit cette dernière en apercevant les deux garçons, les autres élèves s’étant, également, hâtés de se disperser en la voyant arriver.

 

          - Non, assura Harry. Mais il ne doit pas être très loin…

 

          - Hum. De toute façon, je n’ai pas l’intention de lui courir derrière, je le verrai quand il se décidera à revenir, répliqua Lily en esquissant un léger sourire devant l’étonnement, non dissimulé, de Harry et Remus.

 

          - AMY…LACHE-MOI ! TU M’ETRANGLES !! »

 

         Les cris de Sirius détournèrent la conversation, alors qu’Amy, imperturbable, l’entraînait, le tirant toujours par la cravate, vers le portrait de la Grosse Dame, alors qu’Elsa rejoignait les trois autres.

 

         « Elle n’a pas l’air d’avoir trop apprécié le fait que Sirius l’aime. » commenta Harry.

 

         Les deux filles échangèrent un regard entendu et éclatèrent de rire.

 

         «- Ce n’est pas le fait que Sirius l’aime qui la contrarie à ce point, expliqua finalement Lily. C’est le fait qu’elle nous doit, du coup, dix Gallions, à Elsa et moi…

 

          - On avait parié que Sirius n’oserait jamais lui dire ses sentiments en face, renchérit Elsa en souriant.

 

          - Mais nous n’avions pas vraiment envisagé que James le crierai devant la quasi-totalité des Gryffondor, conclut Lily l’air amusée. Amy, elle pensait qu’il ne l’aimait pas…, alors je vous laisse imaginer sa surprise quand Elsa a déboulée dans notre dortoir, l’air enchantée…

 

          - J’ai juste eu le temps de répéter aux filles ce que James avait dit, avant que Sirius ne déboule en criant “C’est pas vrai ! C’est n’importe quoi !”, déclara Elsa.

 

          - Ok ! Ca s’explique…, mais je me demande bien ce qui attend Sirius, observa Remus en jetant un bref regard vers l’entrée de la Salle Commune.

 

          - Bah, je suppose que, étant donné qu’elle l’a déjà giflé dans le dortoir, il ne reste plus que…le “bisou”, plaisanta Elsa. Alors, la connaissant, elle va le traîner un moment encore puis elle va se décider à le relâcher et…la suite ne regarde qu’eux…

 

          - D’accord, rétorqua Harry en souriant. Mais, alors que nous a valut ton apparente mauvaise humeur de tout à l’heure, Lily ?

 

          - Oh, ça… ! J’ai constaté qu’il me suffisait d’avoir ma tête des mauvais jours pour ramener facilement le calme dans la Salle Commune. Et comme vous avez pu le constater, ça a marché…

 

          - A un point tel que tu as même fait fuir James, se moqua Remus. Il s’imaginait autre chose, lui.

 

          - Ce n’était pas dans mes intentions, protesta Lily. Au moins, Sirius arrêtera ses moqueries puériles qui ne font rire que lui, maintenant qu’il a d’autres…préoccupations. » ajouta-t-elle en souriant toujours.

 

* * * * *

 

         Plusieurs jours s’étaient écoulés, depuis la révélation du “secret” de Sirius qui, finalement, était revenu dans la Salle Commune, l’air ravi…, à un point tel qu’il avait trouvé bon d’entraîner Peter qui, par un malencontreux concours de circonstance, se trouvait sur son chemin, dans une danse sans queue ni tête qui s’était terminée dans la cheminée, Peter s’étant prit les pieds dans un des épais tapis qui recouvraient le sol de la pièce. Par chance, le feu avait été éteint quelques minutes auparavant…, mais tous deux en étaient ressortis couverts de cendres et de suie de la tête au pied. Devant l’hilarité générale, Peter avait préféré battre en retraite dans son dortoir et Amy, rouge de honte, avait finie par nettoyer son, nouveau, petit-ami, d’un sort d’époussetage, avant de l’entraîner vers les dortoirs, probablement pour lui faire la morale. James, quant à lui, était réapparu sur ces entrefaites, pour avoir droit à un accueil plus que chaleureux de la Préfète-en-Chef…

 

         Tout était donc revenu on ne peut plus calme à l’école…, d’autant plus que les Serpentard se tenaient tranquille, depuis leur nouvelle défaite sur le terrain de Quidditch. En ce samedi après-midi, Lily profitait donc d’un moment de tranquillité, pour faire ses devoirs, bien installées sur son lit, tout en surveillant distraitement la chatte blanche qui somnolait sur le lit. Avec l’imminence de la naissance des chatons, la jeune fille passait de plus en plus de temps dans son dortoir…, au grand dam de James qui venait, régulièrement.

 

         Mais, pour l’instant, James, Harry et Sirius étaient, exceptionnellement au stade de Quidditch, Amy était allée assistée à l’entraînement de Sirius, et Remus et Harry devaient probablement y être également. Elsa, quand à elle était vautrée sur son lit, l’extrémité de sa plume sur le nez, en quête d’inspiration.

 

         «- Je vois bien Cooper et Nott…, tu en pense quoi ? lança cette dernière.

 

          - Cooper et Nott… ? répéta Lily, en levant les yeux vers elle, tout en essayant de visualiser le couple de Serpentard. Pourquoi pas… ? Tu leur donne quelle pourcentage de probabilité.

 

          - Hum… 95 % d’ici deux mois… ! Ou alors Cooper et Rogue… !

 

          - Eurk… ! grimaça Lily. Je n’aime pas Cooper, mais je ne lui souhaite pas de sortir avec lui… !

 

          - Oui…, c’est ce que je me disais, aussi ! concéda Elsa. C’est un cas sacrément épineux…, Rogue je veux dire… !

 

          - Parce que tu commence même à établir des couples chez les Serpentard ? s’étonna Lily.

 

          - Ouais…, pour changer… !

 

          - Tu devrais plutôt établir la probabilité que tu aurais de sortir… avec quelqu’un que je ne citerai pas plutôt que de te soucier des Serpentard… ! » plaisanta la Préfète-en-Chef.

 

         Elsa rougit aussitôt à cette remarque, comprenant le sous-entendu.

 

         «- Au fait, ça me fait penser…, tu ne m’as jamais dit la probabilité que tu avais établie…, pour Sirius et Amy… ! reprit soudain Lily.

 

          - Ah ça…, j’en ai fait des évaluations avec ces deux là…, tout comme pour James et toi ! rétorqua, moqueuse, Elsa. Pour eux, c’était du 97,8 % pour le mois de mars…

 

          - Sur ce point, tu ne t’es, effectivement, pas trompée… !

 

          - Ouais…, ni pour James et toi d’ailleurs… ! Au début, on planchait pour le début de septième année…, mais… !

 

          - “On” ? répéta Lily. Qui ça “on” ?

 

          - Ben, Remus, Sirius, Peter, Amy et moi…, et même Harry… ! Mais j’ai finalement opté pour 99,8 % des chances d’ici le bal de Halloween… ! »

 

         Lily sourit.

 

         «- Tu devrais vraiment ouvrir une agence matrimoniale, plus tard… ! plaisanta-t-elle.

 

          - Peut-être… ! »

 

         Elles furent interrompue par une chouette qui s’engouffra par la seule fenêtre ouverte du dortoir, pour venir se poser sur le lit de Lily, réveillant, au passage, Neige qui miaula d’un air contrarié.

 

         «- Eh, mais ce n’est pas Eole ? commenta Elsa, en cessant ses activités pour s’approcher.

 

          - Si… ! Et puis, de toute façon, ce n’est pas trop difficile de deviner l’expéditeur de la lettre… ! déclara Lily en souriant, désignant la rose blanche qui accompagnait la lettre attachée à l’une des pattes du rapace.

 

          - Tu sais Lily que tu as vraiment une chance folle… ! soupira Elsa. De tous les garçons de l’école, il a fallut que tu tombes sur, certes, le plus passionné de Quidditch, mais surtout le plus attentionné et romantique du lot… ! »

 

         Lily n’eut aucun mal à comprendre le sous-entendu de son amie. Cette dernière, si elle semblait doué pour établir, à l’avance, les couples, n’avait jamais réussie à trouver un petit-ami digne de ce nom…et ses relations n’avaient jamais durées longtemps.

 

         «- Avant qu’on ne sorte ensemble, je n’aurai jamais imaginé ça de lui… ! admit Lily, en prenant la lettre et la fleur. Mais je croyais que James était à l’entraînement… !

 

          - Il a peut-être fait ça avant de partir à l’entraînement ? suggéra Elsa. De toute façon, ça ne peut venir que de lui, étant donné qu’Eole est aussi caractériel que Gaïa et qu’il n’obéit qu’à son maître… ! » observa Elsa

 

         Comme pour lui donner raison, le rapace, sitôt déchargé de sa missive, ébouriffa ses plume et repartit comme il était venu.

 

         «- Un sacré énergumène cet animal… ! plaisanta Elsa. Comme son maître, d’ailleurs !

 

          - Eh, fais attention à ce que tu dis de mon petit-ami, veux tu ? répliqua Lily, en ouvrant la lettre qui lui était destinée.

 

          - La tigresse sort ses griffes ! lança Elsa en riant. Alors, c’est pour quand le rendez-vous galant ?

 

          - Qu’est-ce qui te fait croire ça ? s’étonna Lily en levant les yeux vers elle.

 

          - Voyons, c’est évident… ! La fleur, le courrier inopiné…, si tu veux mon avis, il a une idée derrière la tête… !

 

          - Tu n’as pas tort… ! concéda Lily en souriant. Il me donne rendez-vous ce soir, à 19h, près de la nymphe de pierre du quatrième étage…, seule, évidemment… !

 

          - Oh, oh…, si j’étais toi je me dépêcherai de trouver une tenue digne de ce rendez-vous ! commenta Elsa en souriant.

 

          - Mais…, je ne peux pas y aller…, il faut que je surveille Neige… !

 

          - Ah non, pas d’excuse ! rétorqua Elsa. Tu passe déjà beaucoup trop de temps enfermée dans ce dortoir pour la surveiller… ! Je me chargerai d’elle ce soir…, mais toi, tu vas en profiter pour aller à ce rendez-vous et t’amuser, compris ? »

 

         Lily sourit.

 

         «- Tu ferais ça ?

 

          - Bien sûr… ! En tant qu’amie, il faut s’entraider… ! Allez, assez discuter…, il faut qu’on te prépare pour ce soir… !

 

          - Eh, je suis assez grande pour m’habiller moi-même… ! protesta Lily.

 

          - Oui mais qui dit soirée exceptionnelle dit tenue de circonstance… ! la coupa Elsa avant de la prendre par les mains et la faire quitter le lit. On a deux heures pour faire de toi la reine de la nuit… ! »

 

* * * * *

 

         Et c’est ainsi que Lily se retrouva, seule près de ladite Nymphe de pierre. Pour occuper les cinq minutes restantes (étant donné qu’elle était arrivée en avance), elle enleva momentanément son badge de Préfète-en-Chef de sa robe d’uniforme (qu’elle avait passée par dessus sa tenue afin de ne pas trop attirer l’attention, et surtout du fait que ladite tenue aurait pû paraître quelque peu indécente si elle était venue à rencontrer, par hasard, un professeur) et le remit à sa place, avant de jeter, négligemment, un regard autour d’elle.

 

         Elle n’était pas souvent venue ici et elle se demandait bien ce qui avait incité James à lui donner rendez-vous en un tel endroit. Elle soupira, baissant momentanément les yeux vers sa montre… 18h56… ! Elle leva les yeux au ciel et reporta machinalement son attention sur un des tableaux qui se trouvaient dans ce couloir. Celui-ci représentait un sorcier, vêtu d’une longue robe écarlate, une main posée sur une table proche sur laquelle reposait une épée rangée dans son fourreau, l’autre main caressant la tête d’un gros lion au pelage doré couché à ses pieds…, sorcier qui n’était autre que Godric Gryffondor…, le fondateur de Poudlard qui avait donné son nom à la maison à laquelle la jeune fille appartenait. Des portraits similaires des trois autres fondateurs étaient disséminés dans le reste du château, mais celui-ci avait, dès le début, grandement intéressé la jeune fille qui s’était toujours amusée à comparer la crinière désordonnée du félin aux cheveux perpétuellement en bataille de James.

 

         Lily, avait déjà eu l’occasion de discuter une ou deux fois avec le portrait et, malgré son rang de co-fondateur de Poudlard et malgré le fait qu’il était l’un des plus grands sorciers de son époque, Godric Gryffondor ne semblait pas connaître les “formalités de base” et allait droit au but, en tutoyant. De plus, il était même du genre bavard et direct. Celui-ci lui fit un clin d’œil.

 

         «- Alors, Lily, que me vaut la raison de ta présence en ce lieu ? s’enquit, justement, le tableau.

 

          - Oh, j’attends James… ! répondit-elle distraitement.

 

          - James… ? Il est déjà passé, il y a quelques heures… ! commenta le sorcier.

 

          - Vraiment ? s’étonna la jeune fille, intriguée.

 

          - Oui…, tiens, d’ailleurs, je crois bien qu’il arrive… ! »

 

         Lily se retourna aussitôt et sourit en apercevant l’adolescent qui venait vers elle, un large sourire aux lèvres, lui aussi vêtu de sa robe d’uniforme.

 

         «- James…, je commençais à trouver le temps long ! plaisanta-t-elle, alors qu’il passait un bras autour de sa taille avant de l’embrasser brièvement.

 

          - Désolé, mais c’est parce que tu es arrivé en avance… ! répliqua-t-il. Mais je vois que tu étais en bonne compagnie… ! ajouta-t-il en levant les yeux vers le tableau. Bonsoir Godric, tu n’as pas vendu la mèche j’espère… ?

 

          - Oh bien sûr que non ! assura le sorcier du tableau en souriant alors que le lion se redressait paresseusement, agitant fièrement sa crinière. Alors ? Que faites-vous ? Vous comptez rester là encore longtemps ou… ?

 

          - Dis tout de suite que tu veux te débarrasser de nous ? plaisanta James, sa petite-amie contre lui qui restait quelque peu surprise de la familiarité dont le Maraudeur faisait preuve.

 

          - Oh, je disais ça pour vous… ! répliqua, moqueur, le tableau.

 

          - Je sais… ! riposta l’adolescent. Carmina ! »

 

         Le sorcier eut un grand sourire, puis le tableau pivota pour libérer une étroite ouverture en arc de cercle, à la surprise de Lily qui ne s’était pas attendue à ce que ce tableau cache quelque chose.

 

         «- Merci, Godric ! lança James.

 

          - Mais de rien, mon cher ! Passez donc une bonne soirée tous les deux… !

 

          - Toi de même… ! répliqua le Maraudeur, avant de se tourner vers la jeune fille. On rentre ? »

 

         Elle acquiesça d’un signe de tête, se demandant bien ce que pouvait lui réserver le garçon mais tous deux s’engagèrent dans l’ouverture ainsi révélée, le tableau se rabattant aussitôt derrière eux.

 

         « Bienvenue dans les quartiers privés de Godric Gryffondor… et mon “jardin secret” en quelque sorte… ! » lui souffla James, en l’entraînant vers les escaliers qui leur faisaient face.

 

Il s’engagèrent dans les escaliers, jetant à peine un regard aux murs recouverts de lourdes tentures rouges ornées d’or, et atteignirent une lourde porte en chêne que l’adolescent, ouvrit, avant de pénétrer dans une vaste pièce, où le rouge et l’or dominait. Malgré le fait que, visiblement, le portrait n’ait pas beaucoup de visiteurs, la salle était on ne peu plus ordonnée et pas un seul grain de poussière ne s’était déposé sur le manteau soigneusement sculpté de la large cheminée qui occupait un coin de la pièce, ni sur les petites statuettes en or qui représentaient toutes des lions finement ciselés qui reposaient sur le manteau du foyer. Et il n’y avait pas plus de poussière sur les confortables fauteuil recouverts de rouge qui était organisés en U, autour d’une table basse en acajou, aux pieds soigneusement sculptés et ornés de fils d’or, tout comme le marbre qui recouvrait le dessus de la table et… le sol qui était lui-même couvert par de large tapis, rouges bien sûr, et brodés d’or. Lorsque ils s’avancèrent dans la pièce, un feu vif s’alluma aussitôt dans la cheminée, faisant sursauter la jeune fille… Parmi les tentures rouges et or qui masquaient les murs, elle aperçu, à la lueur du brasier, des tableaux représentant Gryffondor ou un lion majestueux… Il ne faisait aucun doute que cet endroit était le refuge de Godric Gryffondor à Poudlard, rien que par les couleurs…, mais aucun mot n’était assez fort pour décrire, correctement la magnificence des lieux. Laissant son regard vagabondé sur la pièce, la jeune fille, stupéfaite, aperçu, à quelques pas de la cheminée une autre porte qui devait mener, probablement, à la chambre du co-fondateur de Poudlard.

 

         « Je crois que j’ai beaucoup de chose à t’expliquer, avant que nous ne fassions quoique ce soit, Lily ! » commenta James, qui se tenait à ses côtés, souriant à son étonnement plus que visible.

 

         Sur ce, il s’avança, ses pas étant étouffés par les épais tapis, vers les fauteuils et s’y installa, avant de faire signe à la jeune fille de faire de même. Elle sourit, décontenancée, mais le rejoignit. Un bref moment de silence s’instaura, alors que James, passant un bras autour de ses épaules, hésitait visiblement sur la meilleure façon d’aborder le sujet.

 

         « Comme je te l’ai dit un peu plus tôt, nous sommes ici, dans les appartements privés de Godric Gryffondor ! commença-t-il. En fait, cet endroit, tout comme, je suppose, les quartiers privés des autres co-fondateurs, a été longtemps “oubliés” de tous… ! En fait, pour tout te dire, j’ai découvert cette pièce, par hasard, lors d’une de mes explorations en solitaire, alors que j’étais en première année… ! J’ai dû quelque peu parlementer avec Godric pour qu’il me donne accès à ces lieux… ! Mais c’est là que je venais chaque fois que j’avais besoin, disons, de changer d’air…, quand je n’allais pas au stade de Quidditch… ! Je n’ai jamais parlé de cet endroit à Sirius, Remus ou Peter…, ou même à qui que ce soit d’autre, même mes parents… ! En fait, tu es la seule à le savoir… ! »

 

         Lily sourit, un peu troublée par cette marque de confiance. Il lui révélait la présence d’un endroit qu’il avait tenu à garder secret vis à vis de ses amis les plus proches…

 

         «- Ca peut, peut-être, te paraître un peu vieux jeu mais je ne voulais partagé ce secret qu’avec celle que j’aime…, autrement dit, toi… ! conclut-il en rencontrant son regard.

 

          - Oh, James… ! » souffla-t-elle, en venant se blottir contre lui, trop troublée pour dire quoique ce soit d’autre.

 

         Il sourit et l’embrassa tendrement sur le front.

 

         «- Je te promet que ça restera entre nous… ! Si quelqu’un d’autre venait à découvrir cet endroit, il ne le saura pas par moi… ! promit-elle doucement.

 

          - Je n’en doute pas une seconde, Lily jolie ! » murmura-t-il en l’enlaçant étroitement.

 

         Tous deux restèrent ainsi l’un contre l’autre, sans un mot.

 

         «- C’est une impression où on a tous les deux eu la même idée… ? demanda, finalement, James. Pour nos robes d’uniforme, je veux dire.

 

          - On dirait bien… ! commenta Lily en souriant. D’ailleurs, ça me fait penser… ! »

 

         Elle se leva, quittant ainsi les bras de son petit-ami, et entreprit d’enlever la robe noire de Poudlard…, pour laisser l’adolescent bouche-bée lorsqu’il découvrit la tenue qu’elle portait en dessous.

 

         «- Whoa… ! commenta-t-il finalement, en se levant à son tour. Lil…, tu es… vraiment… magnifique… ! souffla-t-il, ébahit. Et…, tu es très…suggestive… !

 

          - C’était bien mon attention, mon cher ! » plaisanta-t-elle, amusée par son expression interloquée, alors qu’il la détaillait.

 

         En faite, sur suggestion d’Elsa, elle avait opté pour le style “court” et “dénudé” à commencer par la robe vaporeuse d’un noir profond et moulante qu’elle portait et qui était vraiment très courte et au décolleté assez prononcé, révélant ainsi le collier qu’elle portait et qui n’était autre que celui qu’il lui avait offert à Noël…. Ses cheveux retombait librement sur ses épaules, contrastant avec sa tenue. Grâce aux bons soins d’Elsa, par la suite combinée à ceux d’Amy qui était arrivée entre-temps, quelques mèches avaient été relevées et retenues par de petites barrettes noires. Et même le maquillage avait été judicieusement appliquée par ses deux amies, mettant ainsi en valeur ses yeux vert émeraude et camouflant par la même occasion son teint habituellement pâle.

 

         Il sourit à cette remarque et s’approcha légèrement d’elle.

 

         «- J’espère vraiment que tu ne te montreras pas trop souvent à l’école dans cette tenue… ! plaisanta-t-il.

 

          - Oh, non…, c’est juste pour les occasions comme celle-là…, où nous ne sommes que tous les deux… ! assura-t-elle, avant de l’embrasser à nouveau.

 

          - Oh, je vois… ! Je devrais t’inviter à des rendez-vous de ce genre plus souvent alors ! rétorqua-t-il, avec un sourire entendu, avant de l’embrasser une fois de plus. Et bien, on peut d’abord passer à table et ensuite…on avisera ! » suggéra-t-il, en s’écartant.

 

         Sur ce, il claqua des doigts et l’ambiance changea aussitôt…, en une atmosphère parfaite pour un dîner en amoureux.

 

         «- J’ai eu du mal à convaincre Godric de me laisser utiliser quelques sorts… ! expliqua James, devant le regard surpris de la jeune fille qui l’accompagnait.

 

          - James…, ça a dû te prendre un temps fou pour faire ça… ! s’étonna celle-ci, stupéfaite.

 

          - Pas tant que ça… ! répliqua le Maraudeur en souriant. Mais c’est vrai que ça faisait un moment que je mettais ça au point… ! Ca te plaît… ?

 

          - Oui, beaucoup ! » assura-t-elle, en souriant à son tour.

 

         Elle réalisa alors qu’il en avait profité pour se débarrasser de sa propre robe d’uniforme. Il portait une tenue simple mais qui ajoutait à son charme, la chemise beige qu’il portait mettant en valeur sa carrure athlétique et retombait légèrement sur son pantalon noir.

 

         « Si mademoiselle veut bien me faire l’honneur de passer à table en mon humble compagnie… ! » lança-t-il en lui faisant un baise-main.

 

         La jeune fille éclata de rire devant les manières de l’adolescent, mais accepta, avec plaisir l’invitation.

 

* * * * *

 

         Lily se réveilla et mit un peu de temps avant de réaliser là où elle se trouvait, jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’elle était toujours dans les bras de James, leurs corps nus serrés l’un contre l’autre. Elle ne put s’empêcher de sourire en repensant à leur nuit passée ensemble…

 

Elle contempla un moment l’adolescent endormi, jusqu’à ce que son regard se pose sur la médaille qu’il portait autour du cou… S’efforçant de ne pas le réveiller, elle prit délicatement l’objet entre ses doigts… Une médaille écarlate qui représentait un lion altier, en or pur, et portant linscription G.G. Elle passa les doigts sur la dorure, examinant le travail important qui avait été réalisé, pour donner à lanimal cette impression de majesté qui semblait émaner de la médaille. Visiblement, la gravure des lignes du corps de lanimal avait était des plus soignées, donnant une allure souple et gracieuse au félin qui semblait prendre vie Cétait plutôt étrange. Elle retourna machinalement, avec maintes précautions, lobjet, pour y découvrir une petite inscription qui lintrigua quelque peu.

 

Cette découverte donna d’autant plus envie à la jeune fille d’essayer d’en savoir plus, persuadée que cette médaille était la clé de l’énigme qui la tracassait depuis quelque temps… Il lui faudrait passer à la Bibliothèque…, mais pas tout de suite… Pour rien au monde, elle n’aurait voulu briser cet instant, si bien qu’elle revint se pelotonner contre le torse de son petit-ami, entre ses bras, profitant de la chaleur et du sentiment de bien-être que cela lui prodiguait… Elle soupira de contentement et ferma les yeux à nouveau.

 

* * * * *

 

         Pour la énième fois, Lily soupira et passa, dans un geste exaspéré, la main dans ses cheveux. Cela faisait près de trois heures qu’elle se trouvait là, dans ce coin isolé de la bibliothèque à parcourir des grimoires poussiéreux.

 

         « Lorsque le temps de la confrontation sera venu… ! » murmura-t-elle, répétant l’inscription que portait cette mystérieuse médaille…

 

         Elle posa le livre avec ceux qu’elle avait déjà lu et en prit distraitement un autre, à la couverture rouge et relié, avec des ornements dorés. Ne jetant qu’un rapide coup d’œil au titre du livre qui s’étalait, en lettres d’or, sur la couverture, elle entreprit de feuilleter le vieux grimoire. Soudain, son regard tomba sur une gravure qui attira toute son attention. En effet, celle-ci représentait un lion dont la robe dorée contrastait avec le fond écarlate sur lequel il se trouvait, dans une posture semblable à celle de la médaille des deux garçons. Elle avait enfin trouvée ce qu’elle cherchait. Machinalement, marquant la page, elle revint à la couverture pour en lire le titre : “Secrets et héritages oubliés par le temps”. Sa curiosité reprenant le dessus, elle revint à la page du dessin et lu la légende qui l’accompagnait.

 

         « Le lion d’or sur fond rouge, symbole de courage et de fierté, servit d’emblème à Godric Gryffondor … ! murmura-t-elle. Ca je le savais déjà… ! Mais… ! »

 

         Elle resta bouche-bée en réalisant ce que cela signifiait. Le rouge et l’or et le lion, étaient les couleurs et le symbole de leur maison et de son fondateur Godric Gryffondor…

 

         « Mais alors… ? souffla-t-elle. Mais, c’est impossible… ! »

 

         Elle s’interrompit, repensant tout d’un coup à quelque chose qu’elle avait vu, chez James… Les armes des Potter…, ne représentaient-elles pas un lion surmonté d’un phénix ? Bien qu’elle ne voyait pas trop la raison de l’oiseau, en dehors de sa couleur sûrement, elle comprenait mieux la provenance du lion…

 

         « James serait un descendant de Godric Gryffondor… ? » s’étonna-t-elle.

 

         Puis un détail plus que frappant lui vint à l’esprit.

 

         « Mais quelle idiote ! » s’écria-t-elle soudain.

 

         Bien sûr qu’il était un héritier de Gryffondor…, il le lui avait clairement laissé sous entendre deux jours auparavant… ! Voilà pourquoi il était si familier avec le portrait…, pourquoi celui-ci le laissait si facilement accéder à ses quartiers privés…

 

         « Eh, Lil ! »

 

         Revenant à la réalité, elle referma brutalement le livre, et se retourna, pour voir James venir vers elle, un large sourire aux lèvres, les cheveux toujours aussi en bataille, malgré la douche qu’il venait visiblement de prendre (étant donné qu’il revenait de son entraînement de Quidditch).

 

         «- On m’a dit que je te trouverai ici ! lança-t-il en la rejoignant, avant de l’embrasser brièvement et s’asseoir sur la table, à côté d’elle. Tu prenais de l’avance pour tes devoirs ?

 

          - Non, pas cette fois… ! répliqua-t-elle en souriant légèrement. En fait, je me renseignais sur… quelque chose… !

 

          - Et c’est quoi…, ce “quelque chose” ? se renseigna le Maraudeur, en jetant un bref coup d’œil aux livres qui étaient amassés près de lui. Enfin, si ça me concerne, bien sûr… !

 

          - Et bien, c’est… ! » commença-t-elle, mal à l’aise, hésitante sur ce qu’il convenait de faire (dire la vérité ou pas).

 

         Elle inspira profondément, sa décision prise, et jeta un regard autour d’elle pour s’assurer que la voie était libre.

 

         «- Tu es l’héritier de Gryffondor, n’est-ce pas ? souffla-t-elle.

 

          - En effet, concéda-t-il sur le champ. Je pensais que tu l’avais compris, avant-hier.

 

          - J’aurai pû… ! admit Lily. Mais, en fait, c’est surtout ta médaille qui… ! »

 

         Sans crier garde, l’adolescent lui prit les mains et jeta, à son tour, un regard autour de lui, l’air soucieux.

 

         «- Lily, tu n’en as parlé à personne, pas même à Amy et Elsa, j’espère ?

 

          - Euh non, pourquoi ? » s’étonna-t-elle, prise au dépourvu.

 

         Il soupira, se passa la main dans les cheveux, jeta un nouveau regard autour de lui et attira finalement une chaise pour faire face à la jeune fille.

 

         « Lily…, ce que je vais te dire est strictement confidentiel…, plus encore que ce que je t’ai montré avant-hier…et… ! »

 

         Il s’interrompit, jetant un nouveau regard autour de lui, pour s’assurer que personne ne traînait dans les environs. Par chance, ils se trouvaient dans un endroit assez dégagé, à l’écart des rayonnages. L’air rassuré, il se retourna vers Lily et lui prit les mains.

 

         « Tu n’aurais même pas dû la voir… ! reprit-il en baissant la voix. Ce n’est pas particulièrement le fait que je sois un descendant de Gryffondor qui doit rester secret…, mais c’est surtout cette médaille… ! Je t’expliquerai ça plus tard si tu veux mais…, c’est un secret de famille et… il est capital que personne n’ait vent de l’existence de cette médaille qui est moins anodine qu’il n’y paraît de prime abord… ! »

 

         Lily rencontra son regard grave et préoccupé.

 

         « Ca ne sera que le troisième de tes secrets que je garderai pour moi… ! » commenta-t-elle, finalement, en souriant.

 

         L’adolescent sourit, et l’enlaça.

 

         « Merci, je savais que je pouvais compter sur toi… ! » lui glissa-t-il à l’oreille, lorsqu’ils s’écartèrent.

 

         La jeune fille lui sourit en retour puis un moment de silence retomba.

 

         «- Bon, c’est pas tout ça mais que dirais-tu de retourner à notre Salle Commune ? suggéra-t-il finalement en se levant.

 

          - Aucun problème… ! Je n’ai qu’à ranger ces livres à leur place et c’est bon… ! »

 

* * * * *

 

         Harry était dans la Salle Commune, heureusement déserte, la plupart des autres élèves étant dehors, profitant des premières prémices du printemps, alors que le mois de mars était, désormais, bien commencé. Il leva momentanément les yeux de ce qu’il écrivait, et sourit au Phénix qui était perché sur le dossier du fauteuil où il s’était installé.

 

         Fumseck était arrivé peu après son retour du terrain de Quidditch et l’adolescent s’était hâté de prendre connaissance des nouvelles, ainsi apportées, de son époque. Poudlard avait dû essuyer une nouvelle attaque, mais il n’y avait pas eu trop de “casse”…, en dehors de quelques blessés légers et de quelques dégâts matériels, Le personnel de Poudlard, rapidement rejoint par les Aurors, en poste, à ce moment-là, à Pré-au-Lard, n’avait eu aucun mal à chasser le petit groupe de Mangemorts qui s’étaient introduits dans l’enceinte du château et, non seulement les sortilèges protégeant le château avaient été renforcés, mais en plus, Pettigrow avait été, enfin, capturé… au plus grand bonheur de Sirius qui avait eu l’immense honneur de l’attraper alors que, dans sa forme de rat, le traître avait tenté de s’infiltrer, à nouveau dans l’école. Dans son mot, Sirius faisait un récit très détaillé de cette capture (exagérant probablement certains détails, comme le supposa Harry, commençant à bien connaître cette manie de son parrain de toujours en rajouter) et quelque peu tempéré, par la suite, par Remus et Dumbledore. Ce dernier précisait d’ailleurs qu’un procès, en bonne eu due forme, aurait lieu début juillet et que, pendant ce temps, le rat était retenu à Poudlard, enfermé dans une cage soumise à un sort qui l’empêcherait de s’enfuir, et même de se retransformer, dans le bureau directorial…

 

         C’était, au moins, une excellente nouvelle… Ainsi, Sirius serait, enfin, innocenté…, maintenant qu’ils avaient mis la main sur le rat…

 

         Achevant sa lettre, Harry la scella et la confia au Phénix qui se hâta de quitter les lieux. Au dire de Dumbledore, l’animal semblait mieux se remettre de ses voyages inter temporels, de sorte qu’ils pourraient commencer à lui écrire à intervalle plus régulier. Cette perspective n’étant, bien sûre, pas pour déplaire à Harry. Cela fait, profitant du calme anormal qui régnait dans la Salle Commune, l’adolescent sortit son livre le Défense Contre les Forces du Mal, pour commencer le devoir qu’il était sensé rendre le lendemain et que, bien sûr…, aucun des Maraudeurs (excepté Remus) n’avait encore commencé. D’ailleurs, le lycanthrope arriva peu après.

 

         «- Où sont passés les autres ? s’étonna-t-il.

 

          - Aucune idée… ! répliqua Harry, en relevant brièvement la tête de son travail.

 

          - Qu’est-ce que tu fais ? s’enquit Remus, en s’asseyant en face de lui.

 

          - Le devoir pour Van der Break ! » marmonna, vaguement, Harry, en replongeant dans sa dissertation sur les méthodes pour combattre un Géant.

 

* * * * *

 

         Ce soir-là, au dîner, une tranquillité plus qu’inhabituelle régnait lorsque Harry et Remus gagnèrent la Grande Salle, où se trouvaient déjà Sirius (qui affichait un étrange petit sourire) et Amy, James et Lily mais aussi Elsa et Peter.

 

         « Pourquoi est-ce que c’est aussi calme ? » s’étonna Harry en s’asseyant près de Remus, qui s’était lui-même assis à côté de Peter.

 

         Le sourire de Sirius s’élargit.

 

         « Jetez un œil à la table des Serpentard ! » traduisit, en souriant, James.

 

         Remus et Harry, obtempérèrent, risquant un regard à ladite table…qui était vide…

 

         «- Qu’est-ce que vous avez fait aux Serpentard cette fois ? s’enquit Harry en riant.

 

          - Ben, en fait, il se trouve que ce n’était pas vraiment prévu et… ! commença Sirius. Enfin, pour faire bref, je cherchais Peter, avec Jamsie ici présent… !

 

          - Et on est tombé sur un conciliabule de Serpentard… ! La quasi-totalité des Serpentard rassemblés dans une même pièce… ! poursuivit James.

 

          - Vous… ? Vous ne les avez quand même pas… ? commença Remus, en souriant. Vous les avez enfermés dedans ?

 

          - Bien évidemment… ! rétorqua Sirius. C’était bien trop tentant… ! Et, n’empêche, c’est bien pratique, le sort de Déplace-tout… ! Ca déplace vraiment tout ce qu’on veut… !

 

          - Même les Serpentard… ! renchérit James en riant. Mais attendez, le plus beau…, ils étaient… ! »

 

         La porte de la grande salle s’ouvrit, sur un professeur Krayak hors de lui, et un Rusard à l’air amusé (très rare, ça, de voir Rusard sourire).

 

         «- Que ceux qui ont enfermés les Serpentard dans le cachot des mille souffrances se dénoncent immédiatement… ! intima le professeur de Potions, se tournant déjà vers la table des Gryffondor, où les élèves avaient éclatés de rire à ce commentaire, alors que les Serpentard pénétraient (les plus jeunes semblaient quelque peu sous le choc) dans la pièce.

 

          - Le cachot des mille souffrance ? répéta Lily, stupéfaite. Vous avez vraiment oser les enfermer dedans… ?

 

          - C’est l’idée de Sirius… ! se défendit James.

 

          - Et Roguie a même eu le droit à un traitement de faveur… ! ajouta, fièrement, Sirius, alors que ledit Serpentard, livide, passait à quelques pas d’eux. Lui il s’est vu offert un séjour, tout frais payés dans le sarcophage hérissé… ! »

 

         Leurs camarades sourirent. Tous connaissaient cette salle de torture où les anciens concierges de Poudlard punissaient les élèves… ! Même si la pièce ne servait, à présent, plus, le “cachot des mille souffrances” était resté opérationnel… En comparaison, le temps où Apollon Picott suspendait les élèves au plafond par les chevilles (ce que Dumbledore avait toujours refusé à Rusard, par la suite), n’était qu’une douce “punition”…

 

         Mais l’un des pires instruments qui occupaient ledit cachot n’était autre que “le sarcophage hérissé” ou autrement appelé “la momie piquante”, référant à un immense sarcophage appuyé verticalement à un mur, dont l’intérieur du couvercle, équipé de deux fentes de ventilation, était recouvert de pointes acérées… Il ne valait donc mieux pas être trop gros, ni trop bouger lorsqu’on se retrouvait là-dedans. Mais, d’après les dires, cet instrument n’avait plus été utilisé depuis la mort, en 1776, du concierge en place qui avait été retrouvé, un matin, après deux jours d’absence, enfermé dans le sarcophage hérissé, empalé sur les pointes. Meurtre ou suicide, ça n’avait jamais été prouvé et l’affaire avait vite été étouffé par le directeur de l’époque.

 

* * * * *

 

         Trois jours s’étaient écoulés. Bien que tout le monde soupçonne les Maraudeurs dans le coup du “cachot des mille souffrances”, leurs exactions n’ayant pas pû être prouvées, l’incident avait été considéré comme clos dès le lendemain…, d’autant plus qu’un autre événement était venu perturbé le calme qui régnait dans la tour de Gryffondor… En effet, la veille, Neige avait finalement donné le jour à trois petits chatons qui avaient tout de suite ravis la quasi-totalité des filles de la maison qui n’avaient de cesse de s’émerveiller au sujet des trois petites boules de poil, au plus grand agacement de Lily, mais aussi de Neige…, de sorte que la Préfète-en-Chef avait interdit l’accès à son dortoir, où se trouvait les félins… Seuls les Maraudeurs et Harry y avaient, encore accès.

 

         Harry avait, d’ailleurs, été surpris par les trois chatons…, en fait, si l’un d’eux (la seule femelle de la portée) semblait avoir hérité du pelage de son père (aussi tigré que Gaïa), les deux mâles dénotaient totalement. L’un était complètement noir, en dehors de tâches blanches à l’extrémités des pattes (et que Sirius avait baptisé “Chaussette”, avant de devoir battre précipitamment en retraite, pour éviter Amy), alors que le pelage orangé de l’autre rappelait à Harry le chat d’Hermione, Pattenrond, en dehors du fait que le petit félin n’avait pas le faciès aplati ni les pattes arquées…

 

         Mais la naissance avait offert une autre opportunité aux Maraudeurs pour organiser un raid de dernière minute dans la cuisine et préparer une fête en l’honneur des chatons…, à 10 heures du soir…

 

 

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